Imaginez-vous profitant d’un après-midi de détente dans une oasis dédiée au plaisir de prendre soin de soi. Vautrée dans un peignoir, lovée dans un fauteuil, enivrée par l’odeur des huiles essentielles, en attendant de savourer un massage au son reconstitué du clapotis des vagues. Permettez juste qu’avant que votre imagination vous emmène vous rouler nue sur le sable humide et tiède, blond et fin d’un rivage tropical, histoire qu’en trois petits tours, vous gommiez les cellules mortes en surface de la peau sapotille ou vanillée de votre corps afin qu’elle retrouve son velouté de pêche.
Les kératinocytes, principales cellules constitutives de l’épiderme confèrent à la peau sa fonction de barrière. Elles émanent de la couche basale de l’épiderme où elles sont alors cubiques pour remonter vers la surface cutanée, au cours d’un cycle de vingt-huit jours (assurant ainsi le renouvellement constant de l’épiderme), afin de constituer la couche cornée après plusieurs transformations qui les réduisent en plaquettes de kératine indurée, imbriquées les unes aux autres, retenues par des points d’attaches, les desmosomes.
Ces plaquettes kératinisées s’éliminent ensuite naturellement en desquamant. Tout serait parfait dans ce monde idéal, si les velléités des kératinocytes n’allaient pas parfois à l’encontre de nos préoccupations esthétiques. Première mauvaise nouvelle ! En parfait acteur défensif, la couche cornée est réactive aux faits induits par l’environnement. Ainsi quand les frottements sont répétitifs et soutenus, elle s’épaissit. Cette évidence s’observe aisément aux coudes, genoux, à la plante des pieds et à la paume des mains mais est plus perceptible au toucher qu’à l’œil nu sur le reste du corps.
Dans ce monde imparfait, la deuxième mauvaise nouvelle touche plus particulièrement les gazelles des forêts équatoriales et tropicales. La couche cornée des peaux foncées, surtout celle des peaux africaines est plus compacte que celle des peaux claires de type européen, notamment. L’observation en laboratoire démontre que l’épaisseur de la couche cornée est sensiblement identique dans les deux groupes.