L’auteure franco-sénégalaise Marie Ndiaye a remporté lundi le Prix Goncourt 2009 pour son dernier roman Trois femmes puissantes, paru aux Editions Gallimard.
C’est sans grande surprise que les huit membres du jury du Prix Goncourt 2009 ont décidé de remettre la plus haute distinction littéraire de l’année à l’écrivaine Marie Ndiaye pour son dernier roman Trois femmes puissantes, paru aux Editions Gallimard le 19 août dernier.
Première femme à recevoir le Goncourt depuis 1998, Marie Ndiaye a déclaré lundi à la presse qui l’attendait devant le fameux restaurant parisien Drouant, lieu traditionnel de remise de la récompense, que ce « prix était inattendu ». Une humilité comme une seconde nature chez la discrète Marie Ndiaye, qui avait exprimée le même sentiment huit ans plus tôt, au moment de recevoir le Prix Femina 2001 pour son roman Rosie Carpe.
A 42 ans, l’auteure née de père sénégalais et de mère française à Pithiviers dans le centre ouest de la France, a néanmoins laissé transparaître sa joie et sa fierté en ce jour de remise du Prix Goncourt. « C’est aussi le couronnement et la récompense de 25 ans d’écriture et de cette opiniâtreté » a-t-elle ajouté à l’attention des journalistes. Le Prix Goncourt 2009 vient en effet récompenser la longue carrière d’écrivain de Marie Ndiaye, qui a commencé par écrire de petites histoires dès l’âge de 12 ans. Auteure précoce repérée par Jérôme Lindon des éditions de Minuit, Marie Ndiaye publie son premier roman, Quant au riche avenir (1985), salué par la critique, à 18 ans à peine. La petite histoire veut ainsi que le directeur de la Maison d’éditions l’ait attendue à la sortie de son lycée, contrat en main, pour éditer son premier livre.
En l’espace de 23 ans, Marie Ndiaye écrit alors pas moins de vingt romans et recueils publiés aux Editions de Minuit, puis chez Gallimard, la célèbre Maison d’Editions qui remporte avec elle son 36ème Prix Goncourt . Comédie classique (1988), La femme changée en bûche (1989) La sorcière (1996), la pièce Papa doit manger(1998) fait d’elle la seule femme vivante à figurer au répertoire de la Comédie française.
Dans Trois femmes puissantes, Marie Ndiaye regroupe avec pudeur, intelligence et sensibilité, trois récits dont les héroïnes résistent pour préserver leur dignité, entre la France et l’Afrique. « C’est le portrait de trois femmes fortes, chacune à sa manière. Ce qui les unit, c’est une force profonde, une croyance en qui elles sont. Ce sont des femmes tranquillement puissantes », dit-elle à propos de Norah, Fanta et Khady, les trois héroïnes de son dernier roman. Trois parcours profondément ancrés dans le réel, sur le continent africain, où se déroule une bonne partie du livre. Un lieu venu étrangement inspirer l’auteure depuis qu’elle vit à Berlin, où elle a élu domicile avec son mari, l’écrivain Jean-Yves Cendrey, et ses enfants, en 2007.