par Vincente Clergeau
Après des années d’absence, Nina revient à Abidjan enterrer son père, le Dr Kouadio Yao. Ecrasée par un grand sentiment de solitude, elle fait face aux parents, aux voisins et amis. La famille se charge de l’organisation matérielle des funérailles, dans le strict respect de la tradition. Nina met de l’ordre dans les affaires paternelles et découvre des facettes insoupçonnées de ce père, qui a eu d’autres enfants.
Le fil conducteur de ce roman fortement autobiographique repose sur l’attente de la sœur de Nina, Gabrielle, qui a rompu tout lien avec sa famille depuis des années. De mère française, Nina est une métisse, en quête d’elle-même et d’un enracinement géographique. Elle observe avec curiosité et incompréhension parfois, la vie qui se déroule dans ce pays, qu’elle connaissait autrefois. L’exil et la guerre ont changé sa vision du pays. Les zones d’ombre et d’incertitude affleurent de toutes parts.
Le roman est une observation clinique de la relation filiale, la tradition, le sort d’un pays à l’équilibre fragile qui sort d’une crise identitaire, à l’image de l’héroïne, Nina. L’attente et la confusion règnent. Reflet de la situation politique d’un pays, en attente d’élections et d’un retour à la normale ?
Véronique Tadjo, née en 1955 à Paris de mère française et de père akan (Côte d’Ivoire), a grandi à Abidjan. Son enfance a été marquée par de nombreux voyages. Après quelques années passées au Kenya, en Angleterre, puis en Amérique Latine, elle vit en Afrique du Sud depuis huit ans. Poète et romancière, elle est aussi auteur de livres pour la jeunesse qu’elle illustre elle-même. Elle a reçu le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire 2005 pour Reine pokou.
Commander Loin de mon père (ed. Actes Sud, 2010)